MV PATRIMOINE

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La France perd son triple A, quel impact pour les épargnants ?

Publiée le 13/01/2012

L’agence de notation Standard & Poors a annoncé vendredi 13 janvier la dégradation de la note de l’État français de AAA à AA, avec une perspective négative.

Une nouvelle dégradation vers A devrait intervenir au cours des prochains mois.

L’agence de notation Moody’s après avoir annoncé une perspective de dégradation, revient sur son appréciation et envisage une stabilité de la note.

L’agence de notation Fitch a annoncé qu’elle ne dégraderait pas la France en 2012, ce qui éventuellement sous-entend qu’elle le fera en 2013.

Quelle conséquences sur les taux d’intérêt ?

Le 16 janvier, le taux d’intérêt de l’OAT 10 ans, le TEC 10, référence du marché pour les taux à long terme, montait de 0.07 % pour atteindre 3.10 %. Cette augmentation est extrêmement faible. Le marché avait donc largement anticipé cette dégradation.

La crise de la dette des États européens n’a pour le moment pas d’impact significatif sur les taux d’intérêts de l’État français. Les marchés financiers font globalement confiance à la France pour rembourser sa dette. Cette courbe montre que malgré la crise de la dette des États européens, le TEC 10 est plus bas qu’au niveau d’il y a 2 ans lorsque la croissance revenait.

Le spread (la différence de taux d’intérêt) avec les taux obligations allemandes à 10 ans est d’environ 1.5 %. Toutefois cette situation exprime plus le statut de valeur refuge que présente la dette publique allemande qu’une défiance envers la dette française.

La situation est différente pour d’autres États Européens comme l’Italie ou l’Espagne qui subissent une réelle défiance de la part des investisseurs. Le taux espagnol s’élève à 5.21 % et le taux italien à 6.75 %

Les États européens devront poursuivre leurs efforts de redressement budgétaire mais aussi prendre des mesures pour relever leur taux de croissance potentiel.

Quelle action de la part de la Banque centrale européenne ?

La question du refinancement des États en difficulté a été partiellement résolue par la nouvelle politique de la Banque Centrale Européenne.

La BCE donne la possibilité à toute banque européenne d’emprunter des liquidités à 3 ans à un taux de 1 % et en quantité illimitée. Cette mesure est de nature à améliorer la situation financière des banques qui pourront trouver des refinancements à faible coût pour financer les entreprises et les États européens.

Ainsi, la BCE a prêté récemment 500 milliards d’euro aux banques. La majeure partie de ce crédit se retrouve sur les dépôts des banques à la BCE rémunérée à 0.5 %. Cela constitue une réserve en cas de besoin de refinancement.

Quelles conséquences sur la question de la dette des États européens ?

Le schéma de la France qui souhaitait profiter de sa note AAA pour renforcer le Fonds européen de stabilité financière n’est plus d’actualité. Cependant, la BCE a trouvé une solution grâce au crédit sans limite sur 3 ans à 1 %.

Quelles conséquences sur la politique économique ?

Le Gouvernement français sera amené à prendre des mesures pour réduire encore son déficit budgétaire (70 milliards d’euro aujourd’hui sur 12 mois). La croissance devra être encouragée par des mesures fiscales d’abaissement du coût du travail (TVA sociale) ou des réformes de structure (flexibilité du travail, aide à la recherche d’emploi, etc.) et une politique visant à réindustrialiser la France (amélioration des échanges université-entreprises, création de pôles de compétitivité, aide des PME à l’exportation, etc.).

Quelles conséquences sur les placements financiers ?

Pour le moment il n’y a pas d’impact direct sur les placements financiers. En revanche, si la dégradation de la dette devait s’accélérer, les taux d’intérêt des emprunts d’État remonteraient brutalement. Cela entrainerait une baisse de la valeur des obligations anciennement émises. Cela aurait pour effet de contribuer à une réduction du rendement des fonds en euro des contrats d’assurance vie.

Afin de se prémunir contre une poursuite de la baisse du rendement des fonds en euro, il serait nécessaire de diversifier les placements financiers en profitant des opportunités actuelles :

  • fonds d’obligations privées à horizon de placement
  • fonds actions (pays émergents)
  • certains fonds à formule
  • les fonds flexibles bien gérés

Jean CASTELLI
Responsable Département Placements financiers

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